Formation

Mercredi 3 novembre 2010 3 03 /11 /Nov /2010 13:06

     Je lisais un article il y a quelque temps de quelqu'un qui a démarré lui aussi comme remplaçant. Il disait s'en être sorti et semblait ne pas comprendre les réticences de beaucoup face à la réforme de la formation des enseignants. Je ne partage pas son point de vue et je vais m'en expliquer.

     Dans mon article précédent, j'ai dit mon expérience et je maintiens qu'entrer dans le métier de cette façon est risqué pour les élèves... Même si certains peuvent s'en sortir sans trop de dommages « collatéraux » comme on dit aujourd'hui.

     Je ne dis pas que la formation en IUFM était suffisante pour gérer une classe. Une théorie a toujours besoin d'adaptation à la situation réelle souvent bien différente du « profil théorique » des élèves. Mais elle donnait des armes pour l'organisation des apprentissages, pour la gestion d'une journée, pour la tenue d'un journal de classe... Le coté « matériel » de la vie de classe était maîtrisé.

     Alors, je plains les stagiaires d'aujourd'hui. La gestion de la classe ne se limite plus à la transmission d'un savoir. Les élèves ont de nombreux autres lieux à leur disposition pour cela. L'école n'en est qu'un parmi d'autres. Il faudra improviser pour gérer cette réalité.

Et puis la gestion de la classe, c'est aussi... et parfois surtout, développer l'attention, entraîner à l'effort, canaliser la violence... Les études, même poussées comme on le demande aujourd'hui, ne peuvent suffire. La gestion du groupe classe, la gestion des conflits, la gestion de la violence demande un travail de la part des enseignants et cela ne s'apprend pas seulement sur le tas! Cela demande du recul, un travail sur soi, bref une formation! L'avenir de nos enfants, de la société dans laquelle ils seront acteurs demain, ne méritent t-ils pas un investissement... même à l'heure des économies?...

 

 

 

 

Par Geneviève - Publié dans : Formation
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 22 octobre 2010 5 22 /10 /Oct /2010 13:35

 

     Aujourd'hui je vais parler d'apprentissage... ce qu'il a été pour l'adulte que je suis.

     Il y a de cela un certain nombre d'années, je pensais devenir éducatrice en milieu ouvert. J'avais passé avec succès les barrières de l'examen, il ne me restait plus que celle de l'entretien psychologique... Là, je n'ai pas franchi l'obstacle. « Mon enfance heureuse ne me permettait pas de comprendre les jeunes des quartiers!»

     Mon père, officier de police judiciaire, avait souvent eu à prendre en charge le type de jeunes que je voulais rejoindre et aider. Souvent je l'avais entendu dire que son intervention était trop tardive, qu'il faudrait des personnes dans les quartiers qui repèrent et accompagnent... C'était ce que je voulais faire. Le psychologue m'a conseillé de rejoindre la police judiciaire pour y exercer le métier d'éducatrice. Je n'ai pas donné suite. Je souhaitais intervenir avant que la situation ne soit dégradée.

     A l'époque, la formation à l'école normale se trouvait allongée d'un an et aucun normalien ne sortait. Un fort recrutement de remplaçants devait combler ce manque. J'ai postulé, pensant que je me formerais ensuite pour aider les enfants en difficulté. Mon souhait restait le même, faire que l'aide soit le plus précoce possible et aider l'enfant à aller le plus loin dans ce qu'il avait les capacités de réaliser.

     Me voilà donc un beau matin de septembre devant une quinzaine d'enfants de six à neuf ans... Une classe dans un établissement spécialisé, des enfants en retard scolaire pour la plupart! La réalité venait rejoindre mon désir... Mais elle m'a aussi fait découvrir mes limites. Que faire avec ces élèves que les services sociaux avaient retiré de leur lieu de vie et qui n'avaient pas du tout la tête au travail scolaire? Mes belles idées volaient en éclat!

     Grâce à la directrice de l'école, qui exerçait là depuis de nombreuses années, j'ai réussi à faire face à la situation. Dans un premier temps me dit-elle, l'apprentissage est secondaire. Il faut que les enfants se rassurent, acceptent la situation pour pouvoir ensuite se mettre à apprendre... Elle a insisté sur la gestion des problèmes de comportement, donné des pistes... Bref, elle fut d'une grande aide.

     Conjointement à cet accompagnement au jour le jour, les remplaçants suivaient une formation un mercredi par mois. J'y ai appris à gérer les apprentissages (programmes, progressions, méthodes...) Mais, heureusement pour les élèves que ce fameux programme n'était pas un objectif dans l'établissement spécialisé. Je ne pense pas que j'étais à la hauteur de ce point de vue. La théorie était belle mais la mise en pratique plus difficile. Et un jour par mois ce n'était pas vraiment suffisant pour s'imprégner de l'une et l'adapter à l'autre... ce qu'une formation permettait elle!

     Alors, pour ma part, je pense avoir fait souffrir des enfants par mon inexpérience. Certes, la situation n'aurait pas été parfaite avec un savoir faire... mais il n'y aurait eu alors qu'a gérer l'adaptation de ce savoir faire aux élèves. Là, il m'a fallu faire face au deux en même temps! Et alors, même dans un établissement spécialisé, les enfants n'étaient pas ce qu'ils sont aujourd'hui...

 

 

 

 

Par Geneviève - Publié dans : Formation
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Liens

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés