Je lisais un article il y a quelque temps de quelqu'un qui a démarré lui aussi comme remplaçant. Il disait s'en être sorti et semblait ne pas comprendre les réticences de beaucoup face à la réforme de la formation des enseignants. Je ne partage pas son point de vue et je vais m'en expliquer.
Dans mon article précédent, j'ai dit mon expérience et je maintiens qu'entrer dans le métier de cette façon est risqué pour les élèves... Même si certains peuvent s'en sortir sans trop de dommages « collatéraux » comme on dit aujourd'hui.
Je ne dis pas que la formation en IUFM était suffisante pour gérer une classe. Une théorie a toujours besoin d'adaptation à la situation réelle souvent bien différente du « profil théorique » des élèves. Mais elle donnait des armes pour l'organisation des apprentissages, pour la gestion d'une journée, pour la tenue d'un journal de classe... Le coté « matériel » de la vie de classe était maîtrisé.
Alors, je plains les stagiaires d'aujourd'hui. La gestion de la classe ne se limite plus à la transmission d'un savoir. Les élèves ont de nombreux autres lieux à leur disposition pour cela. L'école n'en est qu'un parmi d'autres. Il faudra improviser pour gérer cette réalité.
Et puis la gestion de la classe, c'est aussi... et parfois surtout, développer l'attention, entraîner à l'effort, canaliser la violence... Les études, même poussées comme on le demande aujourd'hui, ne peuvent suffire. La gestion du groupe classe, la gestion des conflits, la gestion de la violence demande un travail de la part des enseignants et cela ne s'apprend pas seulement sur le tas! Cela demande du recul, un travail sur soi, bref une formation! L'avenir de nos enfants, de la société dans laquelle ils seront acteurs demain, ne méritent t-ils pas un investissement... même à l'heure des économies?...