Mardi 30 novembre 2010 2 30 /11 /Nov /2010 09:48

 

     François est donc accueilli dans ma classe. Je l'intègre à deux groupes qui vont se succéder, des groupes de cinq dans lesquels les enfants sont plutôt calmes. Ma prise en charge avec eux consiste à consolider, sous forme ludique, des acquis qui relèvent de la maternelle et qui leur font défaut ou qu'il ne savent pas utiliser.

     François est n'est pas limité intellectuellement. Sa famille, comme l'hôpital de jour ont pu avancer avec lui dans des acquis intellectuels. Il ne devrait donc pas se trouver trop en décalage à ce point de vue. L'objectif est double. Voir comment François réagit avec les autres enfants, au nouveau rythme qui lui est imposé ainsi qu'aux nouvelles règles de vie. Mettre en situation de vivre la différence les enfants du groupe pour que leur expérience puisse être positive pour l'école dans son ensemble.

     Les premiers jours sont difficiles... pour lui comme pour les autres enfants. François ne tiendra que pour le premier groupe. Comme prévu, une éducatrice vient le rechercher dès mon appel. Mais, peu à peu, il accepte que d'autres partagent mon attention.

     Ses camarades sont d'une rare tolérance avec lui. « Il a du mal avec l'école » me dira l'un d'entre eux, « faut pas le chercher! » Et de fait, ils ne réagissent jamais brutalement aux réactions incontrolées de François. Dès qu'il a retrouvé son calme, ils retournent vers lui pour jouer, lui proposer un livre, le regarder avec lui...

 

Par Geneviève - Publié dans : Apprentissages
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Dimanche 21 novembre 2010 7 21 /11 /Nov /2010 18:46

 

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          Chercher une classe qui accepte d'accueillir François... Le sondage commence donc là où je suis implantée. Si une solution y est trouvée, je peux apporter mon aide beaucoup plus facilement.

          D'emblée, les enseignants sont plutôt réticents... Dans ce cas très particulier, il faut l'adhésion complète sous peine de voir le projet s'arrêter rapidement... Un échec forcément néfaste !

          Mais, avec la connaissance que j'ai du travail de chacun des enseignants, une classe pourrait correspondre. Accueil bienveillant de la différence, adaptation du travail à chacun, encouragements systématiques même quand l'enfant est en réelle difficulté... Des ingrédients positifs de mon point de vue. Mais il ne faut pas forcer la main!

           Après accord de l'inspecteur je décide donc d'accueillir François moi même. Deux fois par semaine, il viendra dans ma classe avec les groupes que je prends en charge. Le centre restera à ma disposition pour venir le chercher dès que son comportement signalera que c'est devenu trop lourd pour lui. Dans un premier temps, il sera présent une heure et demie chaque fois.

          Je pense ainsi faire percevoir qu'il peut intégrer une classe, que le centre est fiable quand il dit être à notre disposition si besoin, que je prendrais aussi ma part dans l'aide apportée à cet enfant.

 

Par Geneviève - Publié dans : Apprentissages
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Mardi 16 novembre 2010 2 16 /11 /Nov /2010 22:23

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          François a sept ans. Il est suivi depuis sa petite enfance pour des problèmes de comportement et n'a jamais été scolarisé. Ses difficultés étant trop importantes chaque tentative a échoué dès la première journée. A l'époque, la scolarisation d'un enfant « différent » ne faisait pas l'objet d'un projet spécial avec aide en personne pour le maître qui l'accepte dans sa classe.

          L'hôpital de jour où il est suivi cherche, en ce début d'année, un lieu pour une nouvelle tentative de scolarisation. Jusqu'alors, ce sont les parents qui avaient fait les démarches.

          Ayant déjà travaillé avec moi alors que j'enseignais en établissement spécialisé, l'éducatrice me contacte pour l'aider dans sa recherche. L'objectif est de trouver une classe qui accepte de recevoir François deux demi-journées par semaine. Le projet pédagogique sera mis au point ensemble en fonction de ce que l'enseignant acceptera des propositions de l'hôpital de jour.

           J'entreprends donc un sondage auprès des différentes classes qui relèvent du réseau d'aides spécialisées (RASED) auquel je suis rattachée...

Par Geneviève - Publié dans : Le handicap à l'école
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Mercredi 3 novembre 2010 3 03 /11 /Nov /2010 13:06

     Je lisais un article il y a quelque temps de quelqu'un qui a démarré lui aussi comme remplaçant. Il disait s'en être sorti et semblait ne pas comprendre les réticences de beaucoup face à la réforme de la formation des enseignants. Je ne partage pas son point de vue et je vais m'en expliquer.

     Dans mon article précédent, j'ai dit mon expérience et je maintiens qu'entrer dans le métier de cette façon est risqué pour les élèves... Même si certains peuvent s'en sortir sans trop de dommages « collatéraux » comme on dit aujourd'hui.

     Je ne dis pas que la formation en IUFM était suffisante pour gérer une classe. Une théorie a toujours besoin d'adaptation à la situation réelle souvent bien différente du « profil théorique » des élèves. Mais elle donnait des armes pour l'organisation des apprentissages, pour la gestion d'une journée, pour la tenue d'un journal de classe... Le coté « matériel » de la vie de classe était maîtrisé.

     Alors, je plains les stagiaires d'aujourd'hui. La gestion de la classe ne se limite plus à la transmission d'un savoir. Les élèves ont de nombreux autres lieux à leur disposition pour cela. L'école n'en est qu'un parmi d'autres. Il faudra improviser pour gérer cette réalité.

Et puis la gestion de la classe, c'est aussi... et parfois surtout, développer l'attention, entraîner à l'effort, canaliser la violence... Les études, même poussées comme on le demande aujourd'hui, ne peuvent suffire. La gestion du groupe classe, la gestion des conflits, la gestion de la violence demande un travail de la part des enseignants et cela ne s'apprend pas seulement sur le tas! Cela demande du recul, un travail sur soi, bref une formation! L'avenir de nos enfants, de la société dans laquelle ils seront acteurs demain, ne méritent t-ils pas un investissement... même à l'heure des économies?...

 

 

 

 

Par Geneviève - Publié dans : Formation
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Vendredi 22 octobre 2010 5 22 /10 /Oct /2010 13:35

 

     Aujourd'hui je vais parler d'apprentissage... ce qu'il a été pour l'adulte que je suis.

     Il y a de cela un certain nombre d'années, je pensais devenir éducatrice en milieu ouvert. J'avais passé avec succès les barrières de l'examen, il ne me restait plus que celle de l'entretien psychologique... Là, je n'ai pas franchi l'obstacle. « Mon enfance heureuse ne me permettait pas de comprendre les jeunes des quartiers!»

     Mon père, officier de police judiciaire, avait souvent eu à prendre en charge le type de jeunes que je voulais rejoindre et aider. Souvent je l'avais entendu dire que son intervention était trop tardive, qu'il faudrait des personnes dans les quartiers qui repèrent et accompagnent... C'était ce que je voulais faire. Le psychologue m'a conseillé de rejoindre la police judiciaire pour y exercer le métier d'éducatrice. Je n'ai pas donné suite. Je souhaitais intervenir avant que la situation ne soit dégradée.

     A l'époque, la formation à l'école normale se trouvait allongée d'un an et aucun normalien ne sortait. Un fort recrutement de remplaçants devait combler ce manque. J'ai postulé, pensant que je me formerais ensuite pour aider les enfants en difficulté. Mon souhait restait le même, faire que l'aide soit le plus précoce possible et aider l'enfant à aller le plus loin dans ce qu'il avait les capacités de réaliser.

     Me voilà donc un beau matin de septembre devant une quinzaine d'enfants de six à neuf ans... Une classe dans un établissement spécialisé, des enfants en retard scolaire pour la plupart! La réalité venait rejoindre mon désir... Mais elle m'a aussi fait découvrir mes limites. Que faire avec ces élèves que les services sociaux avaient retiré de leur lieu de vie et qui n'avaient pas du tout la tête au travail scolaire? Mes belles idées volaient en éclat!

     Grâce à la directrice de l'école, qui exerçait là depuis de nombreuses années, j'ai réussi à faire face à la situation. Dans un premier temps me dit-elle, l'apprentissage est secondaire. Il faut que les enfants se rassurent, acceptent la situation pour pouvoir ensuite se mettre à apprendre... Elle a insisté sur la gestion des problèmes de comportement, donné des pistes... Bref, elle fut d'une grande aide.

     Conjointement à cet accompagnement au jour le jour, les remplaçants suivaient une formation un mercredi par mois. J'y ai appris à gérer les apprentissages (programmes, progressions, méthodes...) Mais, heureusement pour les élèves que ce fameux programme n'était pas un objectif dans l'établissement spécialisé. Je ne pense pas que j'étais à la hauteur de ce point de vue. La théorie était belle mais la mise en pratique plus difficile. Et un jour par mois ce n'était pas vraiment suffisant pour s'imprégner de l'une et l'adapter à l'autre... ce qu'une formation permettait elle!

     Alors, pour ma part, je pense avoir fait souffrir des enfants par mon inexpérience. Certes, la situation n'aurait pas été parfaite avec un savoir faire... mais il n'y aurait eu alors qu'a gérer l'adaptation de ce savoir faire aux élèves. Là, il m'a fallu faire face au deux en même temps! Et alors, même dans un établissement spécialisé, les enfants n'étaient pas ce qu'ils sont aujourd'hui...

 

 

 

 

Par Geneviève - Publié dans : Formation
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