Lundi 21 février 2011 1 21 /02 /Fév /2011 13:57

 

 

          Il y a quelque temps, dans un restaurant, j'ai surpris une conversation à propos de l'école. Conversation animée! L'entourage ne perdait rien de la discussion... En lisant un article ces derniers jours, cette conversation m'est revenue à la mémoire et m'a donné envie de m'exprimer.

          Instruire, pour moi, suppose un savoir qu'on va transmettre à l'autre. A la naissance de l'école obligatoire, le savoir était détenu par quelques uns. Il y avait « ceux qui savaient » et les autres! L'objectif était de faire accéder le plus grand nombre à un minimum d'acquis: savoir lire, savoir écrire, savoir compter. C'est totalement dépassé aujourd'hui.

          Certes l'élève a besoin, aujourd'hui encore, de mettre en place des "savoir". Mais les données sont différentes. Il ne part pas de rien. Les écrits envahissent l'espace public. La connaissance lui arrive par le biais des adultes qu'il rencontre mais aussi par la télévision, omniprésente dans la plupart des familles. Certains voyagent pour les vacances, reçoivent des livres en cadeau, voient leurs parents lire le journal ou parfois même un roman. L'ordinateur prend de plus en plus de place... Aujourd'hui, l'école n'en est qu'un lieu parmi d'autres pour trouver la connaissance et cela même pour les milieux les plus défavorisés.

          Certes aussi l'enseignant va transmettre des "savoir". Mais il ne peut oublier qu'il n'est pas le seul dans la vie de l'enfant à le faire. Il n'est plus celui qui « instruit » mais celui qui accompagne l'élève dans ses acquisitions. Il aide à observer la langue orale et écrite, à organiser les observations, à trouver le bon geste d'écriture qui permettra une communication lisible par l'autre. Il incite à résoudre des situations problèmes avec le plus de rapidité et d'efficacité possible. Il tient compte de ce que l'élève connaît déjà et développe chez lui la curiosité, l'esprit critique, le désir de l'effort qui débouche sur le plaisir de trouver et d'apprendre...

           Bref, il « éduque » l'élève comme le parent qui, pas à pas, accompagne son enfant vers la vie d'adulte. 

 

« Education » c'est bien le mot adapté pour parler de l'école!

 

Par Geneviève - Publié dans : Education
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Mardi 25 janvier 2011 2 25 /01 /Jan /2011 22:27

 

 

          C'est donc le temps de l'évaluation. Damien est très concentré. Je lui donne exercice après exercice les consignes. Chaque fois il se lance aussitôt dans la réalisation, et chaque fois avec réussite... Un seul problème apparaît, c'est au niveau de l'écriture. De fait, pour la mise en ordre, il me dit la phrase qu'on peut écrire mais ne peut l'écrire lui même... « Je sais pas bien écrire les mots » dit-il en me regardant d'un air inquiet.

          L'écriture est un acquis indispensable si on envisage de le mettre directement dans la dernière année du cycle II (le cours élémentaire pour faire clair). Je lui demande donc d'essayer en le rassurant. « Tu as tout réussi. C'est bien. Maintenant j'ai besoin de voir comment tu écris. Tu veux bien essayer? »

          Il n'est pas rassuré du tout mais se lance quand même. La reproduction des mots (qui lui étaient proposés pour faire la phrase) est fastidieuse. Le passage du script à l'écriture attachée n'est pas maîtrisée mais il s'applique à respecter ce qu'il voit. Aucune hésitation pour repérer les mots dont il a besoin et qu'il barre à mesure qu'il écrit.

          Il reste maintenant un dernier problème, son niveau en mathématiques! Je lui propose la encore l'évaluation... Il est nettement moins rapide car confronté à des choses qu'il n'a jamais rencontrées. Mais, avec les explications au niveau des signes opératoires, il s'en sort plutôt bien. Il est aussi très performants pour les deux situations problèmes qui sont proposées. Il ne maîtrise pas parfaitement l'écriture des nombres mais donne chaque fois le résultat à l'oral.

          Il n'est pas question de laisser Damien dans cette classe d'apprentissage. Il va intégrer le niveau suivant. L'enseignant accepte de reprendre avec lui les notions qu'il maîtrise mal en mathématiques. Pour l'écriture, il viendra deux fois par semaine en aide pédagogique pour travailler le geste. Le travail en classe sera en lien avec cette aide.

          Au bout d'un trimestre, l'aide va s'arrêter même si l'écriture est peu soignée. Il veut souvent aller trop vite, se claquant sur le rythme des bons élèves dont il fait partie pour toutes les autres disciplines. En fin d'année il sera le meilleur élément de la classe... sauf en écriture!

Par Geneviève - Publié dans : Lecture
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Mardi 11 janvier 2011 2 11 /01 /Jan /2011 11:10

 

     Damien vient d'une autre région. En grande section , il a appris à lire. La maîtresse n'a pas forcé les choses, mais Damien, très curieux, a appris à lire seul. Il est nettement moins performant en mathématiques, et très maladroit en écriture. On avait conseillé à la maman de signaler cela dans sa nouvelle école afin de voir ce qui pouvait être fait. Le maître est surpris. Cette première matinée n'a rien montré de particulier dans ce sens... Il va prendre le temps de voir ce qu'il en est...

     J'ai surpris la conversation. Devant la déception de la maman qui sent le doute dans les propos de l'enseignant, je m'approche. Après m'être présentée, je lui demande quelques explications complémentaires. « Vous dites qu'il sait lire. Que lit-il? » Et elle sort de son sac un album... « Voilà. Il sait lire ce livre en entier et d'autres pareils. »

     Damien nous écoute tout en faisant semblant de jouer avec les cailloux de la cour. Je l'appelle . « Ta maman me dit que tu sais lire ce livre. C'est bien. Tu peux me montrer ? ». Il prend le livre, l'ouvre en plein milieu et se met à lire. Pas de doute, il lit. Ce n'est pas seulement la mémoire qui fonctionne. Il met une intonation qui montre qu'il comprend. Devant un mot plus difficile, il déchiffre puis reprend le mot avec son contexte...

     Je propose au maître et à la maman de faire l'évaluation de fin d'année pour évaluer le savoir lire de Damien et le comparer à ceux qui ont poursuivis le cycle. Accord des deux parties, accord de l'enfant... Je programme donc cela pour le lendemain matin.

Par Geneviève - Publié dans : Lecture
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Mercredi 5 janvier 2011 3 05 /01 /Jan /2011 13:38

 

 

cartable

 

             C'est le jour de la rentrée scolaire. Enfants et parents sont un peu inquiets. Comment mon enfant va-t-il vivre l'entrée à la grande école? Réussira-t-il? Est-ce que je vais être avec mes copains? Est-ce que je vais avoir un maître ou une maîtresse? Est-ce qu'il (elle) sera gentil (le)?... Des questions qui trottent dans les têtes.

             Mais ce n'est pas ce qui préoccupe la maman de Damien. Elle regarde la liste affichée sous le préau. Son fils sera avec un maître.. Et elle repère la personne en question. Facile, il n'y a qu'un homme sous le préau! 

             Alors, elle s'approche, veut lui parler... quand celui-ci commence à appeler les élèves qui seront avec lui. Elle recule d'un pas et attends qu'on nomme son fils... Mais elle ne pourra pas parler à l'enseignant ce matin là. On appelle, on entre en classe. Il ne faut pas faire durer le stress!

            A midi, la voilà de nouveau dans la cour. Cette fois elle peut dire ce qui la tracasse. Damien sait lire et elle a peur qu'il s'ennuie!

 

Par Geneviève - Publié dans : Lecture
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Lundi 13 décembre 2010 1 13 /12 /Déc /2010 09:15

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     L'expérience a donc commencé... difficilement pour François comme pour le groupe. Pourtant, au fil des jours, la situation va s'améliorer et la coopération entre lui et ses camarades devenir chaque jour plus positive.

     Au bout d'un mois et demi, François est intégré le temps prévu au départ. A partir de ce moment, nous décidons de tenter un temps de récréation avant qu'il ne reparte. L'éducatrice est présente avec moi et prête à intervenir si besoin. Encore une fois le début est difficile. Il est déstabilisé par la grandeur du groupe d'enfants dans la cour et la présence de ses camarades de travail, qui ne le quittent pas, ne suffit pas à la rassurer. Mais ceux-ci vont trouver eux-mêmes une solution!

     C'est la main dans la main qu'ils vont passer par les toilettes, chacun prenant le relais à tour de rôle. Puis ils vont s'installer sous le préau... C'est le lieu où il y a le moins de circulation d'enfants, le lieu préféré des filles souvent, donc un espace plus calme. On ne sait trop comment ils se sont occupés. Nous n'avons pas voulu être trop présentes, l'éducatrice et moi, mais ce qui est sur, c'est que rapidement le groupe a grandi. Quelques filles qui se trouvaient elles aussi sous le préau, des camarades de classe du groupe pris en charge se sont rapprochés, pour un moment ou pour une récréation entière.

     L'enseignante à qui j'avais pensé pour accueillir François suivait avec attention ce qui se passait. Et c'est elle qui, au bout d'un trimestre a demandé: « Et si j'essayais de le prendre dans ma classe? » Je l'ai, bien sur « prise aux mots »... Et François a pu finir l'année dans l'école. Son temps scolaire s'est allongé à deux matinées par semaine... Et je n'ai rapidement plus eu besoin de le prendre pour décharger la maîtresse.

     Le pari était gagné, pour lui comme pour l'école!

 

 

Par Geneviève - Publié dans : Apprentissages
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